L’importance des organisations agricoles

Par Ron Bonnett, président de la FCA

Plus tôt ce mois-ci, j’ai participé à la première réunion de l’Organisation mondiale de l’agriculture en Afrique du Sud. J’étais fort impressionné par le fait qu’en moins d’un an, des organisations agricoles situées aux quatre coins de la planète ont réussi à conjuguer leurs efforts dans le seul et unique but de créer une solide voix unie sur la scène internationale. Cet effort a mis en évidence le rôle vital et essentiel que jouent ces organisations en représentant les agriculteurs non seulement à l’échelle internationale, mais aussi dans leur propre pays, et cela m’a rappelé pourquoi la FCA a été fondée et le rôle important qu’elle continue de jouer auprès des fermiers et au sein de la société en général.

Le Parlement ayant repris au Canada et ayant entamé sa prochaine session, nous devons continuellement nous rappeler les leçons apprises et tirer les enseignements non seulement du passé, mais également des exemples que vous voyons partout dans le monde – c’est-à-dire que quand les agriculteurs ne sont pas forts, de nombreux secteurs, les gouvernements, les investisseurs et d’autres groupes n’hésitent pas à combler le vide et à parler en leur nom. Nous avons vu comment l’absence d’un porte-parole bien organisé et unifié défendant les intérêts des agriculteurs peut nuire à la croissance de l’agriculture et, par voie de conséquence, au développement de la société.

La FCA a acquis une solide réputation auprès des gouvernements et de l’industrie et depuis plus de 75 ans, travaille sans relâche pour se faire l’instrument des agriculteurs et faire entendre leur voix collective d’un océan à l’autre au Canada. Les efforts déployés ont visé à bâtir le profil politique du secteur de l’alimentation et de l’agriculture. L’importance de ce secteur n’est peut-être pas aussi apparente qu’elle ne l’était en 1935 au moment de la fondation de la FCA – dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale et de la Dépression – lorsque les rations alimentaires et les bouleversements économiques étaient le lot quotidien des Canadiens. Aujourd’hui, on ne manque pas de nourriture, les épiceries regorgent de produits alimentaires, le lien avec la ferme a été perdu et les décideurs se préoccupent surtout des électeurs dans les centres urbains. Mais aujourd’hui plus que jamais, nous devons rappeler au public et aux gouvernements le rôle que jouent les agriculteurs et les bienfaits qu’ils apportent à la table et créer un clair lien entre l’agriculture et l’alimentation et notre existence et qualité de vie. C’est certainement possible, surtout dans le cadre d’une fédération – votre Fédération – la FCA. Le moment est opportun. La nourriture est un enjeu qui suscite de plus en plus de passion dans la population canadienne, et le gouvernement s’en rend compte. La plateforme électorale des différents partis lors des plus récentes élections fédérales en témoigne puisqu’ils ont tous préconisé l’établissement d’une Stratégie alimentaire nationale, pour la première fois de notre histoire. Nous devons juste nous assurer qu’on accorde autant d’importance aux fermes qu’aux aliments.

Pour transmettre de solides messages qui font mieux connaître la réalité des agriculteurs et aident à améliorer leur revenu, les agriculteurs ont besoin des organisations qui les représentent. Notre force réside dans le fait que nous sommes une véritable fédération – qui regroupe des organisations agricoles à vocation générale composées de fermiers locaux dans chaque province, ainsi que des groupes de producteurs spécialisés – exportant la majorité de leurs produits ou assujettis à des mécanismes de gestion de l’offre – reflétant l’énorme diversité de ce grand pays qui est le nôtre. Nous devons exploiter cette force et travailler de concert avec nos gouvernements provinciaux et  députés respectifs et nos collectivités dans le cadre de discussions et de délibérations. Nous devons promouvoir et renforcer nos solides activités de lobbying pour aider à rehausser le profil politique de l’alimentation et de l’agriculture.

Pour souligner notre approche en tant que « mouvement » dans nos messages, qui par le passé ont très souvent permis à la FCA d’obtenir les résultats souhaités, il faut coordonner l’effort au niveau local. L’adoption par le Canada d’une position commerciale équilibrée, la conception de mécanismes de soutien au revenu agricole, la formulation de politiques environnementales et l’élaboration continue de la Stratégie alimentaire nationale ne sont que quelques exemples des résultats que nous avons obtenus et continuons d’obtenir lorsque nous travaillons ensemble. 

Je pense que le plus grand atout de la FCA est qu’elle bâtit des relations avec les gouvernements et l’industrie et participe aux discussions entourant les politiques en proposant des solutions bien informées. J’espère qu’au cours de cette nouvelle session parlementaire, nous pourrons continuer de développer cette force et intégrer cette approche de « mouvement » à nos politiques, programmes et idées – en nous inspirant de la riche histoire de la FCA.

 

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