Commentaire mensuel au sujet du commerce Février 2007

Un autre mois de négociations vient de se terminer à l’OMC, et il n’y a toujours pas eu d’importantes percées. Les trois principaux joueurs restent campés sur les positions : pour les États Unis, l’enjeu est le soutien intérieur accordé aux agriculteurs, pour l’Union européenne, les questions tarifaires dans le domaine agricole et pour l’Inde, les questions tarifaires dans les secteurs industriel et agricole. Même si nous avons entendu des rumeurs selon lesquelles les Américains et les Européens ont eu des discussions et qu’il y aurait eu une convergence sur certains des points de discorde, cela ne suffit pas pour faire revenir toutes les parties à la table. Le mois dernier, Pascal Lamy, directeur général de l’OMC, a précisé qu’il n’invitera pas les ministres haut placés à une autre réunion ministérielle à l’OMC à moins d’être convaincu qu’une telle rencontre sera couronnée de succès. Je suppose que nous devons être patients et « attendre de voir ce qui se passera » pendant un autre mois encore!

Alors que les négociations se poursuivent devant l’OMC, même si c’est au ralenti, l’USDA s’est empressé à divulguer son nouveau Farm Bill. La proposition renferme quelques changements significatifs par rapport à la législation précédente. En remplaçant notamment le taux de prêt basé sur le taux du marché par des moyennes olympiques sur cinq ans (et comportant un taux de prêt maximum) et en basant le programme contracyclique sur le revenu national moyen, on donne l’illusion que les paiements sont « plus verts », alors qu’en réalité ils protégeront moins les agriculteurs américains et continueront d’appartenir à la catégorie ambre. Il semble que les plus importantes économies que permettra de réaliser le Farm Bill proposé découleront d’une nouvelle limite pour l’octroi des subventions. En effet, la nouvelle proposition prévoit que si un producteur a un revenu brut total ajusté de 200 000 $ ou plus, peu importe la source de ses revenus, il ne sera pas admissible aux paiements en vertu des programmes visant les produits de base, ce qui constitue une mesure appréciable si l’on considère que le seuil précédent était fixé à 2,5 millions de dollars. Des groupes agricoles américains ont déjà précisé qu’ils souhaitent voir une augmentation des fonds, et non pas une diminution du financement, au cours des cinq prochaines années des dépenses agricoles. Je prédis un vif débat entre le congrès américain et l’USDA!

Je vous souhaite un excellent mois de mars,

Clinton Monchuk

Farm Credit CanadaMeyers Norris PennySygentaCo-operators